L’occupation en chiffres
Le Haut-Karabagh: la date d’occupation - 1988-1992, la superficie – 4400 km² ; La région de Choucha : la date d’occupation – 8 mai 1992, la superficie – 289 km² La région de Latchine : la date d’occupation – 18 mai 1992, la superficie – 1840 km² La région de Kelbedjer : la date d’occupation – 2 avril 1993, la superficie – 3054 km² La région d’Aghdam : la date d’occupation – 23 juillet 1993, la superficie – 1150 km² La région de Djabraïl : la date d’occupation – 23 août 1993, la superficie – 1050 km² La région de Fuzouli : la date d’occupation – 23 août 1993, la superficie – 1390 km² La région de Goubadly : la date d’occupation – 31 août 1993, la superficie – 802 km² La région de Zenguilan : la date d’occupation – 29 octobre 1993, la superficie – 707 km²

Irevan : Information historique

Irevan : Information historique

À différentes époques, le territoire où se situe la ville d’Irevan avait fait partie des Etats tels que l’Ourartou, l’Empire sassanide, l’Empire arabe, les Sadjides, les Cheddadides, les Seldjoukides, les Eldegises, les Ilkhanides, les Timourides, les Karakoyounlous, les Akkoyounlous, les Séfévides, les Afchars, les Gadjar etc. En tant qu’un centre, la ville s’était développée à l’époque de la principauté de Tchoukour-Saad et du khanat d’Irevan. Le nom de cette ville est écrit comme Revan et Irevan dans les sources médiévales. La ville d’Irevan n’est devenue la capitale de l’Arménie qu’en 1918 après la création du premier Etat arménien dans le Caucase du Sud. Après la découverte des ruines de la forteresse d’Erebouni (Iripouni), construite en 782 av J.C. à l’époque d’Argishti Ier, roi de l’Ourartou, sur Ganli tepe (la colline sanglante) au sud-est de la ville d’Irevan en 1950, les historiens arméniens ont lié l’histoire de la ville (Erevan) à celle de la forteresse d’Erebouni. Cette dernière a été construite pour des fins militaires et les infrastructures urbaines ne s’étaient jamais développées autour d’elle. Comme les habitants de l’Ourartou n’avaient aucun lien de parenté avec les Arméniens, l’ancienne forteresse d’Erebouni n’avait pas elle aussi des relations avec la ville d’Irevan. Il y’avait eu une distance considérable entre le bourg d’Irevan, devenu une ville depuis le Moyen-Age, et la forteresse d’Erebouni découverte lors des fouilles archéologiques en 1950. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la banlieue de la ville couvrait la colline sanglante où se situait la forteresse d’Erebouni. Les inscriptions cunéiformes de l’Ourartou constatent qu’avant l’occupation de la vallée d’Agri (la rive gauche de la rivière d’Araxe et le cours inférieur d’Arpachay) par l’Ourartou au premier semestre du VIIIe siècle av J.C, ce territoire appartenait à un pays du peuple Aza. Relier la ville d’Irevan à Erebouni fondé par le roi de l’Ourartou Argishti Ier en 782 av J.C., était une illustration évidente de la falsification de l’histoire. L’hypothèse de l’académicien Boris Piotrovski que «Peut-être le nom d’Erebouni, ville d’Ourartou, se reflète dans celui de la ville d’Erevan, capitale de l’Arménie» a permis aux Arméniens de célébrer solennellement en 1968 le 2750e anniversaire d’Erevan. Ainsi, les Arméniens ont déclaré au monde que la ville d’Irevan était 30 ans plus âgés que même la Rome antique. Ce qui réaffirme avec une parfaite illustration que les historiens arméniens sont habiles à mentir. Le grand écrivain arménien Khatchatour Abovian écrivait dans son article «L’essai sur la courte histoire de la ville d’Irevan» : «Les écrivains ne mentionnent jamais le nom de la ville d’Irevan avant le XIIIe siècle. Depuis ce temps, c’est-à-dire 1209, ils l’appelaient la «petite terre». Selon une légende, le nom de la ville vient de celui d’Ervand, tsar arméniens ou bien des mots «yerevil», «yerevan» (il a vue, il a été vu)».

Plus précisément, cette ville a été reconnue depuis l’occupation de ce territoire par les persans en 1441. Jusqu’à 1827, Irevan a été occupé par les Persans et les Turcs. A différentes époques de son histoire, la ville a été dirigée par 10 pachas turcs et 33 khans iraniens. En 658, la province d’Irevan a été envahie par les troupes arabes. À l’époque du califat, la gouvernance des émirats dans le Caucase du Sud avait été confiée aux Turcs. Le grand voyageur ottoman Evliya Tchelebi écrit qu’en tant qu’un bourg, Irevan appartenait au XVe siècle. Selon lui, en 810 de l’Hégire, un commerçant Khadje khan Lahidjani, un des marchands d’Amir Teymour, est entré dans une terre très fertile qui s’appelait Revan. Il y reste avec sa famille et s’occupe de la riziculture. Un peu plus tard, il devient riche et jette les bases d’un nouveau grand village.  Evliya Tchelebi ajoute qu’en 915 de l’Hégire (1509-1510) Chah Ismail, chef d’Etat des Séfévides, à ordonné à son vizir Revangoulou khan de construire une forteresse. A son tour, il a fait construire une forteresse pendant 7 ans et l’appelle «Revan». Certains chercheurs sont d’accord avec Evliya Tchelebi au sujet de l’histoire de création de la ville d’Irevan et de la forteresse, et les autres estiment que l’histoire de la ville est plus ancienne. En fait, après avoir occupé la ville d’Irevan en 1501, Chah Ismail avait permis à son chef militaire Revangoulou khan de construire une forteresse dans un endroit d’importance stratégique sur les rives de la rivière de Zengui. Revangoulou khan a pu finaliser la construction de la forteresse en sept ans. Suite aux guerres entre les empires ottomane et séfévide, la ville d’Irevan a été occupée et libérée 14 fois et à chaque fois la ville fait l’objet d’une destruction avant d’être reconstruite. En 1554, les armées ottomanes se sont emparées d’Irevan et ont détruit la ville. En 1580, Lele Moustafa Pacha, vizir de l’Empire ottomane, a reconquis Irevan. La forteresse d’Irevan, décrite par de nombreux voyageurs, a été construite au lieu de l’ancienne forteresse en 1582-1583 par Farhad pacha. La forteresse qui mesurait 850 mètres de longueur et 790 de largeur avait trois portails : Tabriz au sud, Chirvan et Pont au nord. En 1679, un pont Rouge avait été construit sur la rivière de Zengui. Bien qu’en 1604 les troupes de Chah Abbas Ier aient libéré la ville d’Irevan, suite à une contre-attaque. Elles ont pratiqué la politique de la «terre brûlé» et ont déplacé la population de la province de Tchoukhour-Saad, ainsi que tous les habitants d’Irevan de l’autre côté de l’Araxe. En 1635, les troupes ottomanes ont repris Irevan. Selon le traité de Qasr-i-Chirin signé le 17 mai 1639 entre l'Iran séfévide et l'Empire ottoman, la province d’Irevan, y compris la ville d’Irevan retombe sous le règne des Séfévides. Après la chute des Séfévides, les Turcs ont repris la ville en 1723. Dix ans plus tard, Nadir libère Irevan de l’occupation ottomane.  Suite à la mort de Nadir chah Afchar en 1747, des khanats indépendants ont été créés. La ville d’Irevan devient le centre du khanat du même nom. Ainsi, dans la forteresse, il y avait des mosquées, des caravansérails, des hammams, des parcs de loisirs. Malgré le séisme survenu à Irevan le 4 juin 1679 et qui a ravagé la ville, elle a été rapidement reconstruite avec l’aide des khanats de Nakhitchevan, de Gandja, de Karabagh, de Tabriz et de Makou. Le Palais du khan ou le Palais de Serdar avait été construit par Amirguna khan Gadjar (1605-1625) et restauré en 1760-1770 par Husseynali khan, khan d’Irevan. En 1791, Mohammad khan, fils de Husseynali khan, a fait construire le Salon des miroirs et le kiosque d’été du palais.  Les voyageurs européens Jean Tavernier, Jean Charden, Robert Ker Porter, James Morier, Montperreux, Cameron, Linch et d’autres avaient visité Irevan à différents moments et avaient décrit dans leurs œuvres le Palais du khan, son salon des Miroirs, les mosquées dans la forteresse et la ville, les bassins et les hammams, le passage souterrain avec les escaliers de marbre. La ville se composait de 4 quartiers – Gala (tour), Chehri (ville), Tepebachy et Demirboulag (actuellement Karanki). Une place de marché était située entre Gala et d’autres quartiers. Le quartier de Chehri se trouvait sur la rive droite de la rivière de Girkhboulag et s’allongeait jusqu’à la forteresse d’Irevan. Le marché central et toutes les places de la ville, de nombreux caravansérails et hammams étaient dans cette partie de la ville. Le Jardin de khan et le kiosque d’été de Husseyngoulou khan étaient situés sur la rive droite de la rivière de Zengui. Le quartier de Demirboulag qui  abritait la mosquée et le hammam de Djafar bey, ainsi que le hammam de Hassanali et le Caravansérail de Soussouz (sans eau) se situait à l’Est de la forteresse d’Irevan. La conquête de la forteresse d’Irevan située en un lieu stratégique entre l'Empire ottoman et les Perses était d’une importance pour la Russie. Cependant, entre 1804 et 1808, les tentatives des troupes russes de s’emparer de la forteresse d’Irevan avaient échoué. Résistant à environ 20 aux attaques sporadiques des armées russes, la forteresse d’Irevan a été prise le 1er octobre 1827 suite à la trahison des Arméniens. Lorsque Paskevitch a reçu la nouvelle de la prise de la forteresse d’Irevan, les soldats russes avaient déjà commencé le pillage. Les maisons dans la forteresse avaient été rasées suite aux bombardements par canon, les rues étaient pleines de cadavres. À l’occasion de la victoire, un défilé avait eu lieu le 2 octobre devant le portail sud de la forteresse. L’empereur russe avait attribué à Paskevitch le titre «Le comte d’Erevan» et l’Ordre de Saint-Georges pour la prise de la forteresse d’Irevan. D’autres généraux avaient eux aussi reçu de hauts grades. Un peu plus tard, a été créée une médaille spéciale «Pour la prise de la forteresse d’Irevan». Avec l’instruction de l’empereur, l’archevêque  Nersès avait été décoré de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski pour ses mérites dans l’occupation du khanat d’Irevan. L’empereur russe Nikolaï Ier avait reçu la nouvelle de l’occupation de la forteresse d’Irevan lors de sa visite à Riga. L’épée d’Hassan khan a été remise au tsar. À son tour, le tsar avait donné cette épée à l’Hôtel de ville comme un souvenir de sa présence à Riga (actuellement, cette épée est conservée dans la Chambre des armes du Kremlin). Inspirées par la chute de la forteresse d'Erevan, les troupes russes ont envahi les villes de Tabriz, de Khoy, d’Ourmiah, de Salmas et d’Ardabil de l’Azerbaïdjan du Sud  (en 1827 - 1828). Le Traité signé le 10 février 1828 dans le village de Turkmentchai sur la route Tabriz-Téhéran, ratifie l’annexion du khanat d’Irevan à la Russie.

Irevan sous l’occupation russe

 

Le 6 octobre 1827- quelques jour après l’occupation du khanat d’Irevan, a été constitué un nouveau régime russe. Le Bureau temporaire d’Irevan sur l’ordonnance de Paskevitch. Le général Krasovski, commandant des forces locales, a été nommé directeur de ce bureau, le sous-colonel Bronevski et l’archevêque Nerses Achtarakes les membres du bureau. Le bureau temporaire avait pour objectif : de prendre le pouvoir ; rétablir l’ordre dans le pays, assurer l’approvisionnement alimentaire de l’armée ; défendre les forteresses d’Irevan, de Serdarabad et d’Abbasabad ; rétablir des relations avec la Géorgie ; développer la culture du coton ; augmenter la production du sel ; rédiger le rapport des propriétés, des troupeaux et des revenus du khan d’Irevan et  confisquer ses biens. Grâce à la responsabilité illimitée attribuée à Nersès par Krasovski, les Arméniens ont atteint leurs objectifs. La grande partie du grain était distribuée aux Arméniens. Les musulmans étaient privés des soins de l’Etat. La discrimination contre les musulmans locaux a conduit à l’augmentation des mécontentements entre la population qui ont entrainé le déplacement de certains d’entre eux vers l’Iran et la Turquie. Paskevitch était inquiété du rassemblement de la population musulmane mécontente de la Russie à l’autre côté de la frontière. Par conséquent, Nersès a été écarté du bureau temporaire d’Irevan. Après la signature du Traité de Turkmentchai, Paskevitch avait limogé le général Krasovski de son poste de directeur du Bureau temporaire d’Irevan, et avait fait exiler l’archevêque Nersès en Bessarabie.  Les khanats d’Irevan et de Nakhitchevan sont annexés à la Russie par le Traité de Turkmentchai signé le 10 février 1828. Nikolaï Ier ratifie ce traité le 20 mars et le lendemain signe un décret sur la création de la province arménienne. Le décret stipule: «Les khanats d’Irevan et de Nakhictevan annexés à la Russie conformément au traité signé avec l’Iran seront appelés dès aujourd’hui, la province arménienne et tombent sous notre règne. Le Sénat suprême obtiendra des décrets nécessaires sur la structure et la gouvernance de cette province». Compte tenu du soutien des Arméniens lors de l’occupation du khanat d’Irevan, la nouvelle unité administrative territoriale avait été appelé «La province arménienne». En fait, ce nom visait la création d’une zone tampon chrétienne composée des Arméniens réinstallés dans les territoires occupés en provenance d’Iran et de Turquie. Après avoir atteints leurs objectifs, les autorités russes tirent le mot «arménien» de cette expression. Le régime de gouvernance russe n’avait pas été appliqué à Irevan  après l’occupation du khanat, la forme de gouvernance du khanat y était restée pendant un certain temps. La province arménienne couvrait les régions d’Irevan et de Nakhitchevan ainsi que la zone d’Ordoubad. 15 quartiers de l’ancien khanat d’Irevan faisaient partie de la région d’Irevan, 5 quartiers appartenaient à la région de Nakhitchevan et 5 quartiers à la zone d’Ordoubad. Le major-général Alexander Chavchavadze, commandant des troupes locales avait été nommé au poste de chef de l’administration de la province. L’administration de la province était composée de deux militaires russes, des Azerbaïdjan et des Arméniens (Nina, la fille de Chavchavadze était l’épouse d’Alexandre Griboïedov, dramaturge et diplomate russe, tué en février 1829 à Téhéran). Le 13 février 1830, le major-général Vassili Beboutov (Behboudov), arménien de Tbilissi, a été nommé chef de l’administration de la province. L’historien arménien Z.Grigoryan affirme l’interdiction de la participation des Arméniens dans la gouvernance de la province. Il a noté que même sous la direction de V. Beboutov, la politique de russification avait été renforcée, les fonctionnaires russes avaient été nommés aux postes militaires et civils pas seulement au sein de l’administration, mais aussi dans les régions et bourgs. Le 23 juin 1833, Nikolaï Ier a ratifié la nouvelle structure administre de la «Province arménienne». Le gaza d’Irevan est divisé en quatre zones ; Irevan, Cherour, Surmeli et Serdarabad. Une loi sur la nouvelle structure administrative du Caucase du Sud a été adoptée le 10 avril 1840. Selon la nouvelle loi, le gaza d’Irevan a été inclus dans la province de Géorgie–Iméréthie. La nouvelle division administrative du Caucase a été ratifié par une loi en datée du 14 décembre 1846. Les gazas d’Irevan et d’Alexandropole ont été annexés à la province de Tbilissi, récemment mise en place. En 1849, la nouvelle «Goubernia» d’Irevan, couvrant les gazas d’Irevan, d’Alexandropol, du Nakhitchevan, d’Ordubad et de Novo-Bayazid a été fondée par  décret du Sénat. Deux nouveaux gazas Cherour-Déréléyez (1870) et Surmeli (1875) ont été créés au sein de la province (Goubernia) d’Irevan. Les 7 gazas ; Irevan, Alexandropole, Nakhitchevan Nouveau-Beyazid, Surmeli, Cherour-Déréléyez et Etchmiadzine faisaient partie de la province d’Irevan avant 1918. Les armoiries des villes d’Irevan et de Gumru (Alexandropole), ainsi que de la province d’Irevan avaient été approuvées pendant l’occupation russe. Les armoiries de la ville d’Irevan avaient été ratifiées le 21 mai 1843. Parmi les dirigeants de la province d’Irevan il n’y avait eu des Arméniens ni au poste de gouverneur, ni à celui de vice-gouverneur. À l’époque de la Russie tsariste, les toponymes turcs sur le territoire de la province d’Irevan étaient maintenus tels qu’ils étaient. Seulement Irevan avait été remplacé par Erivan (1828), Gumru par Alexandropole et Kever par Nouveau-Beyazid ((1850)). Les cartes administratives et topographiques publiées pendant l’occupation russes montrent clairement que cette région appartenait historiquement aux turcs d’Azerbaïdjan. Le séisme survenu en 1853 a détruit à nouveau les murs de la forteresse d’Irevan. En 1864, la forteresse d’Irevan a cessé de servir à des fins militaires. Depuis 1868, le Salon de Serdar du Palais de khan abritait le bureau de police de la ville d’Irevan. A la demande du gouverneur d’Irevan, la direction du Caucase avait débloqué  quatre fois (1867, 1871, 1874, 1880) des sommes pour la réparation du Salon de Serdar (Salon des Miroirs).  En 1865, un marchant appelé Nerses Tahiryan a acheté une partie du territoire de la forteresse d’Irevan afin d’y construire une usine de vin (actuellement usine de cognac). Le plan dressé par le technicien de la ville d’Irevan B.Mehrabov entre 1906-1911, montre l’existence de 8 mosquées dans la ville (Tepebachy, Zal khan (ou bien Cheher (ville)), Sertib khan, la mosquée Bleue, Hadji Novrouzali bey, la mosquée de Gala, Demirboulag, Hadji Djafar). À cette époque-là, il y avait à Irevan des dizaines de rues dont les noms étaient en azerbaïdjanais ;Charia, Caravansérail, Gala, Sultan, Çölmekçi, Nakhitchevan, Bazar, Dachly, Pacha khan, Foyer des étrangers, Deyirmanly, Mosquée, Marché des travailleurs, Tepebachy, Cimétière, Naïb, Mir Djafar, Rustem khan, Imamre, Korboulag, Bey, Ketan, Dukanly, Sallakhlar etc. En plus, il y avait aussi de nombreux caravansérails à Irevan: Afchar, Serdar, Cheikh-ul-islam, Taghly, Soulou, Soussouz, Hadji Ali, Komurtchu, Gurdju, Djoulfa, hadji Ilyas etc. Actuellement, ces caravansérails appartenant aux Azerbaïdjanais ont tous été détruits. Lorsque les trois républiques du Caucase du Sud ; l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Arménie ont déclaré leur indépendance le 28 mai 1918, le Conseil national d’Azerbaïdjan a cédé par  décision du 29 mai, la ville d’Irevan aux Arméniens comme la capitale. Cependant, en 1918-1920, pendant le règne des Dachnaks, des actes de génocide et de vandalisme ont été perpétrées sur les Azerbaïdjanais et leurs monuments culturels à Irevan. Les mosquées ont été brûlées, les maisons azerbaidjanaises ont été pillées et occupées. La discrimination et la déportation des Azerbaïdjanais avaient occupé une partie intégrante de la politique de l’Arménie au cours des années du régime soviétique. La reconstruction de la ville d’Irevan mise en œuvre en 1924 conformément au projet d’Alexandre Tamanyan, visait en fait à supprimer les traces des Azerbaïdjanais. La Mosquée Bleue avait abrité le Musée de l’Histoire de la ville d’Arménie, la Mosquée de Zal khan était devenue la salle d’exposition de l’Union des Peintres et d’autres mosquées, sauf Demiboulag, avaient été détruites. En mars 1988, les vandales arméniens ont mis le feu à la mosquée de Demirboulag. Les quartiers des Azerbaïdjanais avaient été détruits et des parcs, des cinémas et des places avaient été construits  sur leur place.  Irevan est une seule ville parmi les capitales mondiales qui se vante de son ancienneté et dans laquelle l’histoire des monuments historiques ne remonte pas au-delà de 200 ans. Parce que comme les anciens monuments historiques et architecturaux d’Irevan appartenaient aux Azerbaïdjanais, les Arméniens avaient anéanti tous ces monuments. La ville a été rebaptisée deux fois (Erivan en 1828 et Erevan en 1936). La triste réalité est qu’Irevan, dont autrefois la population n’était que d’origine azerbaïdjanaise est devenu actuellement une ville monoethnique arménienne.

 

La superficie

Le khanat d’Irevan, créé sur le territoire historique de l’Azerbaïdjan au milieu du XVIIIe siècle, couvrait les terres entre les montagnes Agri (Ararat) et Alagoz (Eleyez) et sur les deux rives du fleuve d’Araxe. Le khanat d’Irevan était bordé au nord par la province de Pembek, les sultanats de Chemchedil, de Gazakh et le khanat de Gandja, à l’Est par les khanats de Nakhitchevan et de Karabagh, au sud par les khanats de Khoy et de Maku, ainsi que le pachate de Bayazid, à l’ouest par le pachate de Kars et au nord-ouest par le sultanat de Chorayel. Le khanat d’Irevan s’étendait sur une superficie de 23,8 mille km². Avant la création du khanat d’Irevan, le territoire susmentionné étaient gouverné par les dirigeants de la tribu de Saadli. Selon sa position géographique ce territoire s’appelait Tchoukhour Saad- c’est-à-dire, le trou de Saad. Pour certaines sources, le Mausolée familial construit en 1413 par Pir Husseyn, fils d’Amir Saad, gouverneur de Tchoukour-Saad, se situe actuellement dans le village de Djafarabad (appelé Argavand depuis 1946) et les Arméniens tentent de le présenter comme «Monument turkmène».  Après la création de l’Etat séfévide en 1501, l’Azerbaïdjan était divisé en quatre provinces et Tchoukhour-Saad était l’une d’entre elles. Le centre de la province était la ville d’Irevan. La province de Tchoukhour-Saad a fait partie à différents moments de l’Empire ottomane et était connue sous le statut de région d’Irevan. En 1728, la division administrative et territoriale d’Irevan était comme suit: la ville d’Irevan, les régions de Girkhboulag, Karbi, Maku, Khinzirek, Guermi, Vedi, Deretchitchekk, Abara, Gueïtche, Déréléyez, Mezree, Surmeli, Ighdir, Aralyg, Cherour, les bourgs de Corayel (Chureguel) et de Nakhitchevan. Sous le règne de Nadir chah (depuis (1736) la province d’Irevan faisait partie de l’Azerbaïdjan. Après la mort de Nadir chah en 1747, l’Empire des Afchar s’est effondré et des khanats indépendants se sont émergés en Azerbaïdjan. Comme d’autres khanats de l’Azerbaïdjan, le khanat d’Irevan était composé des mahals (régions administratives) et les derniers se divisaient en villages. En tant que centre du khanat, des travaux d’aménagement et d’édification à grande échelle avaient été effectués dans la ville d’Irevan. De nombreux caravansérails, mosquées, hammams y avaient été construits. La forteresse d’Irevan était un magnifique ensemble architectural.   En 1795, le khanat d’Irevan était sous la dépendance d’Agha Mohammad khan Gadjar. Gadjar avait donné les sultanats de Chorayel et de Pembek sous le règne de Mohammad khan. 

A la veille de l’occupation du khanat d’Irevan par les troupes russes en 1827, le khanat couvrait 15  mahals et le sultanat de Chorayel. Les noms des mahals se présentent comme suit:

 

 

1

Girkhbou

lag

4

Vedibassar

7

Talyn

10

Seyidli-Aghsaggallı

13

Cherour

2

Zenguibas

sar

5

Körpübassar

8

Saadli

11

Dérétchitchek

14

Dérékend-Partchenis

3

Guernibas

sar

6

Serdarabad

9

Abaran

12

Gueïdja

15

Surmeli

 

Seulement deux mahals – Dérékend-Partchenis et Surmeli se situaient sur la rive droite du fleuve d’Araxe. L’existence des systèmes d’irrigation, la proximité des villages avec les bassins fluviaux étaient considérées comme les facteurs principaux lors de l’institution des mahals. Par ex: Les villages irrigués par la rivière de Zengui avaient été introduits dans le mahal de Zenguibassar.

 

Les dirigeants d’Irevan:

La province de Tchoukhour - Saad

Amir Saad (depuis la fin du XIVe siècle jusqu’en 1410)

Pir Husseyn (1410-1413)

Pir Yagoub (fils de Pir Husseyn) (dans les années 1420)

Abdul (fils de Pir Husseyn) (dans les années 1440)

Yagoub bey (dans les années 1440)

Hassanali de Karakkoyounlou (dans les années 1460)

Div Soultan Roumlou (depuis 1515)

Husseyn khan Soultan Roumlou (depuis 1550)

Chahgoulou Soultan Ustadjly (1550-1575)

Mohammad khan Tokhmag Ustadjly (1576-1583)

Lele pacha (1577)

Khidir pacha (1583)

Mohammad Cherif pacha (jusqu’en 1604)

Emirgune khan Gadjar (1604/5-1625)

Tehmassibgoulou khan Gadjar (1625-1635)

Farhad pacha (1635)

Kalbaly khan (1636-1639)

Tchaghata Kotuk Mohammad khan (1639/40-1648)

Khosrov khan (1648-1652/53)

Mahammadgoulou khan Lele bey (1652/53-1659/60)

Nadjafgoulou khan (1659/60-1663)

Abbasgoulou khan Gadjar (fils d’Emirgune khan Gadjar) (1663-1666)

Sefi khan (Alkhas Mirze) (1666/67-1674)

Sarykhan bey (1674-1675)

Sefigoulou khan (1675-1679)

Zal khan (1679-1688)

Mourtouzagoulou khan (1688-1691)

Mohammadgoulou khan (1691-1694)

Zohrab khan (1694-1699)

Ferzeli (Feteli) khan Gadjar (1699-1705)

Ebdul Mohammad khan (1705-1709)

Mehrali khan (1709-1719)

Allahgoulou khan (1719-1725)

Receb paca (1725-1728)

Ibrahim pacha et Moustafa pacha (1728-1734)

Ali pacha (1734)

Hadji Husseyn pacha (1734)

Mahamadgoulou khan (1735)

Pir Mahammad khan (1736)

 

Les khans d’Irevan

Mehdi khan Gassymly (Afchar) (1747-1748)

Mahammad Husseyn khan Gueraïlyv(1748-1751)

Khalil khan Ouzbek (1751-1755)

Hassanali khan Gadjar (1755-1759)

Husseynali khan Gadjar (frère d’Hassanali khan Gadjar) (1759/60 – novembre 1783)

Goulamali khan Gadjar (fils de Husseynali khan Gadjar) (1783 – été de 1784)

Mahammad Husseyn khan Gadjar (fils de Husseynali khan Gadjar) (1784 - juin 1805)

Aligoulou khan Gadjar (frère d’Agha Mahammad chah Gadjar) (juin 1797)

Hassan khan Makoulou (été de 1797)

Mehdigoulou khan Gadjar (été de 1805 — août 1806)

Ahmad khan de Maragha (août-octobre (1806)                  

Husseyngoulou khan Gadjar (Goyounlou) (décembre 1806- octobre 1827)

 

Les gouverneurs

Le major-général Nazorov Ivan Ivanovic 1849-1859

Le major général Astafïev Mikhaïl Ivanovic 1860-1866

 

 

 

 

Le major général Roslavlev Mikhaïl Ivanovic 1867-1880

 

Le lieutenant-général Chalikov Mikhaïl Iaovlevic 1880 - 1890

 

Le lieutenant-général Frese Alexandre Alexandrovic 1891- 1895

 

Le conseiller civil Comte Vladimir Fedorovitch Tizenhauzen 1896-1916

 

 

 

Source: le Khanat d’Irevan, l’occupation russe et la réinstallation des Arméniens en Azerbaïdjan du Nord, Bakou 2010.