L’occupation en chiffres
Le Haut-Karabagh: la date d’occupation - 1988-1992, la superficie – 4400 km² ; La région de Choucha : la date d’occupation – 8 mai 1992, la superficie – 289 km² La région de Latchine : la date d’occupation – 18 mai 1992, la superficie – 1840 km² La région de Kelbedjer : la date d’occupation – 2 avril 1993, la superficie – 3054 km² La région d’Aghdam : la date d’occupation – 23 juillet 1993, la superficie – 1150 km² La région de Djabraïl : la date d’occupation – 23 août 1993, la superficie – 1050 km² La région de Fuzouli : la date d’occupation – 23 août 1993, la superficie – 1390 km² La région de Goubadly : la date d’occupation – 31 août 1993, la superficie – 802 km² La région de Zenguilan : la date d’occupation – 29 octobre 1993, la superficie – 707 km²

Le khanat du Karabagh

Le khanat du Karabagh

Le fondateur du khanat du Karabagh, qui avait obtenu son indépendance suite à l'effondrement de l'Empire de Nadir Chah Afchar, était Panahali bey Djavanchir, homme d’Etat éminent de l’Azerbaïdjan. Il était né dans le village de Sarydjaly du Karabagh. Après la mort de Nadir chah un Etat indépendant azerbaïdjanais – le khanat du Karabagh a été créé sur le territoire du Karabagh. L’objectif principal du nouveau khanat était d’augmenter sa puissance. Panah khan a fait retourner la population turque-musulmane du Karabagh, expulsée par Nadir chah, à leur terre natale. Ce qui était la première mesure prise en ce sens. Le retour des personnes déplacées et l’installation dans leur terre ancestrale ont renforcé le khanat du Karabagh. Parmi les rapatriés d'exil figurait également Ibrahimkhalil, un enfant de 15 ans, futur khan du Karabagh. Lors de la création du khanat du Karabagh il n’y avait pas de villes comme Tabriz, Ardabil, Gandja, Chamakhy, Bakou, Nakhitchevan, Chekki, Darbant. De tels centres politiques et économiques pourraient jouer un rôle important pour le développement futur des khanats. La fabrication de nouvelles installations de défense et la construction de nouvelles villes doivent être considérées comme les succès créatifs de Panah khan. La construction en 1748 de la forteresse de Bayat, dont le nom était associé aux Bayats, tribu azerbaïdjanaise-turque, a été l’une des démarches importantes dans ce sens. Le khan a rassemblé sa famille et les parents du khan, ainsi que les doyens du khanat dans la forteresse. Les habitants de la région, même une grande partie de la population et des artisans des provinces de Tabriz et d’Ardabil, étant au courant du progrès, de l’attitude et de l’affection de Panah khan envers son peuple, étaient venus vivre dans la forteresse. Les activités de Panah khan dans le domaine de la construction d’un Etat indépendant à abouti à sa reconnaissance officielle. La bataille de Bayat (1748) contre le khan de Cheki Hadji Tchelebi a joué un rôle clé dans la reconnaissance de Panah khan en tant que «régent du Karabagh».  Ahmad bey Djavanchir écrit: «Après la bataille de Bayat le courage de Panah khan a été répandu parmi toutes les tribus musulmanes vivant au Karabagh». La bataille de Bayat a également révélé que la forteresse ne sera pas en mesure de résister aux futures guerres. Par conséquent, la construction d’une nouvelle forteresse était nécessaire. Mirza Adigozel bey écrivait: «Panah khan a fait ériger une forteresse à Tarakute, connu comme Chahboulaghy. Des mosquées, des maisons, des places de marché et des hammams ont été construits dans la forteresse qui a été mise en service en 1165 (1751) ».

Le Traité de Kurektchai

Sur le fonds de l’augmentation de la puissance de Panah khan, les meliks qui ne voulaient pas le renforcement du khanat, intensifiaient leurs activités destructrices. La prévention de ces activités était nécessaire du point de vue militaro-politique. Sinon, l’intégrité territoriale et administrative du khanat serait menacée.

Les melikliks (principautés) du Karabagh

Noms des melikliks

L’arrivée au Karbagh

La date

D’où

Verende

1603

De la province de Gueïtcha

Tchilaburt

1637

De Zenguezour (Sunik)

Khatchyn

Créé au XVIIIe siècle

Local

Dizag

Au début du XVIIIe siècle

De la province de Lori

Gulustan (Talych)

Au début du XVIIIe siècle

De Chirvan (du village de Nidj du sultanat de Gabala)


Ainsi, à l'exception de Khatchyn, d’autres meliks au Karabagh et leur génération n’étaient pas d’origine karabaghiote et étaient venu ici de différentes régions. Ils n’étaient pas Arméniens, ils étaient les représentants des anciennes générations albanaises. Ainsi, considérer ces principautés féodales comme la poursuite de «l’étatisme arménien» afin de «justifier» les revendications territoriales des nationalistes arméniens contre l’Azerbaïdjan est fondamentalement erroné - ou plutôt, il s'agit d'une falsification scientifique. D’autre part, les meliks arméniens n’avaient pu créer aucun Etat au Karabagh.  En outre, comme on peut le voir dans le tableau présenté ci-dessus, à l'exception de Khatchyn, ils n’ont aucune racine au Karabagh avant le XVIIe siècle. «Les meliks voulaient le renforcement de l’éparpillement féodal au Karabagh». Les activités séparatistes des meliks entravaient le processus de centralisation au khanat et dans l'ensemble du pays. Leur participation dans l’organisation des attaques des forces étrangères au Karabagh donnait un coup dur pour l’indépendance du Khanat. C’est pourquoi, les mesures prises pour la prévention des tendances séparatistes des «melikliks» étaient plutôt la lutte contre les menaces destinées à l’indépendance du khanat du Karabagh qu’un conflit ethnique. Le Melik Chahnezer est devenu premier parmi cinq autres à reconnaître le pouvoir de Panah khan. Cela a été réglé par le mariage d’Ibrahimkhalil agha avec la fille de Melik Chahnezer. La lutte réussie de Panah khan pour soumettre les meliks a été poursuivie par son fils Ibrahim khan. Yesay de Dizag, Medjnoun de Tchilaburt et Beleryan de Gulustan ont refusé d’obéir à Ibrahim khan. À l’aide de ces meliks, la Russie, qui cherchait à occuper le Caucase du Sud, tentait de créer un « Etat chrétien», plutôt, une base pour elle-même. Grâce à ses compétences diplomatiques élevées Ibrahim khan a réuni les meliks à Choucha. Selon les documents pertinents, il a prouvé la trahison des méliks et les a emprisonnés. Les méliks Medjnoun et Abov ont été jetés en prison à Choucha, le melik Bahtam a été remis au khan d’Ardabil pour ses péchés. Le catholicos du monastère de Gandzasar Iohannes, allié des meliks, et son frère, ont été arrêtés et punis. Mais, les meliks arrêtés ont pu s’évader de la prison de Choucha. Venus à Tbilissi, ils ont tenté de mettre en œuvre, à l’aide du tsar géorgien Irakli II (1744-1798) et le colonel russe Bournachov, la conspiration qu’ils avaient préparée contre le khanat du Karabagh. Cependant, à cause du début de la guerre russo-turque (1787 - 1791 du), cette «croisade» a échoué. Ibrahim khan a pu maintenir l’intégrité du khanat de Karabagh. Agha Mohammad Gadjar (1742-1797), qui a pris le pouvoir en Iran en été 1795, a attaqué le khanat du Karabagh. Le siège de 33 jours de Choucha a échoué. Après Choucha, il s’est dirigé vers Tbilissi. Devant l’attaque des troupes russes dirigées par V. Zoubov, Agha Mohammad Gadjar a reculé. Après la mort de l’impératrice russe Catherine II (1764-1796) V. Zoubov a été rappelé de l’Azerbaïdjan. En 1797, Agha Mohamma Gadjar a repris d’assaut au Karabagh et s’est emparé de la ville de Choucha. Mais il a été tué ici. A la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, la Russie a intensifié ses activités d’occupation dans le Caucase du Sud, y compris l’Azerbaïdjan. En 1801, la Géorgie a été annexée à l’empire, la communauté de Djar-Balakan (1803) et le khanat de Gandja (1804) ont été occupés. Dans une telle situation, Ibrahim khan a signé un traité  à Kurektchai avec P.D. Tsitsianov (1802-1806), commandant des troupes russes. Selon le traité de Kurektchai, le khanat du Karabagh a été annexé à la Russie comme une terre musulmane – azerbaïdjanaise. Le Traité de Kurektchai qui reflète une réalité historique, est également un document le plus fiable démontrant que le Karabagh, y compris la partie montagneuse de cette région, appartient au peuple azerbaïdjanais.

Source: «Le Karabagh - la vraie histoire, des faits et des documents». Bakou 2005. Yagoub Mahmoudov, Karim Chukurov